lundi 21 janvier 2019
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Crise : la Centrafrique, un dojo franco-russe ?

Don d’armes, formation des forces armées, financement d’activités culturelles, …. La France et la Russie rivalisent d’initiatives pour aider la Centrafrique à sortir de la crise qui la frappe depuis cinq ans. Mais, les intérêts des deux puissances semblent bien différents.

La ministre française des Armées est arrivée ce lundi à Bangui. Comme pour s’accommoder de la tradition africaine qui veut qu’on apporte quelque présent à la personne qu’on visite, Florence Parly a remis 1 400 fusils d’assaut (kalachnikov de type AK-47 ) et trois embarcations amphibies aux forces armées centrafricaines (FACA).

Si ce don procède des relations séculaires et excellentes existant entre la France et son ancienne colonie, d’autres puissances se montrent de plus en plus solidaires de la République centrafricaine (RCA) pour l’aider à sortir de la crise politico-militaire qui la cisaille depuis 2013.

Parmi ces puissances, le géant russe. Exempté comme la France de l’embargo sur la livraison des armes à la RCA, le pays de Vladimir Poutine a livré en janvier dernier aux FACA, une cargaison de 1 700 armes de type Kalachnikov.

Pour Florence Parly, « il est important que cette contribution positive qu’un certain nombre de pays, parmi lesquels la Russie, apportent, puisse s’inscrire dans l’initiative africaine de paix qui est soutenue par l’UA », a-t-elle déclaré ce mardi au cours d’un point de presse.

La Russie a aussi formé 2 000 soldats et les a aidés à se déployer dans certaines localités reculées du nord, du centre ou du sud-est. Elle y a envoyé 170 instructeurs civils, qui ne sont autres que des mercenaires, étroitement liés à des sociétés minières russes, avoisinant aujourd’hui 300 à 400 hommes, selon des sources occidentales.

« Contribution positive »

Le volet culturel n’est pas mis de côté. En finançant le concours de beauté Miss Centrafrique 2018, la radio Lengo Songö et des journaux comme « La Feuille volante du président », la Russie est loin d’oublier que la culture peut adoucir les mœurs dans un pays en conflit. Il s’agit de « restaurer le charme d’antan de Bangui La coquette (surnom de la capitale centrafricaine) », selon un Banguissois.

« C’est important le concours des miss, il y a de très belles filles dans le pays, et avant on ne les mettait pas en valeur », s’est réjouie dimanche, Vénus Claudie Perrière, sœur de Charlène Sombo, miss élue miss Centrafrique 2018.

« La déclaration de Khartoum récemment signée est un gage de paix », déclarait pour sa part Léa Floride Mokodopo, organisatrice du concours. Initié par la Russie en août, le sommet de Khartoum est une médiation entre les groupes armés qui occupent les 2/3 du pays pour tenter de trouver une issue à la crise que connaît la Centrafrique depuis 2013.

Un sommet un peu mal perçu par la France. « Il n’y a aucune alternative, ni souhaitable, ni susceptible de réussir en dehors de celle de l’UA », déclarait en septembre dernier, Jean Yves Le Drian, ministre français des Affaires étrangères, lors d’une visite à Bangui.

S’il n’existe pour l’instant aucune relation de cause à effet, l’assassinat en fin juillet de trois journalistes russes en terre centrafricaine pourrait aussi s’inscrire dans ce contexte où tout porte à croire qu’il y a une sorte de concurrence entre la France et la Russie dans ce pays d’Afrique centrale.

Un pays qui, à l’instar de bien d‘États au monde peut payer un lourd tribut à l’antagonisme entre grandes puissances de la planète.

SOURCE:http://fr.africanews.com/2018/12/11/crise-la-centrafrique-un-dojo-franco-russe/

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