mardi 19 juin 2018
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CPI : Procès Gbagbo, Cuno Tarfusser se révolte contre les Occidentaux

Cuno Tarfusser semble avoir pris la pleine mesure des relations entre les Occidentaux et les Africains. Lors d’une interview, le juge principal en charge du dossier de Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé à la CPI a tiré à boulets rouges sur l’Union européenne.

Quand Cuno Tarfusser fustige l’exploitation des Africains

Quelque chose est visiblement en train de se passer à La Haye. En fin de mandat à la Cour pénale internationale (CPI) dès le 10 mars prochain, Cuno Tarfusser s’est totalement lâché, fustigeant l’attitude des Occidentaux à maintenir les Africains dans une certaine précarité, eu égard à leurs rapports de dominateur à dominé.

C’est certainement écoeuré par toutes ces réalités qu’il a découvert à travers le procès Gbagbo et Blé Goudé que le juge italien avait certainement envisagé de jeter l’éponge en se portant candidat à la présidence de l’Office Européen des Brevets (EPO, European Patent Office). Mais il a été battu par le Portugais António Campinos.

Qu’à cela ne tienne! Ce haut magistrat de la CPI a tenu à s’exprimer sur la question des réfugiés qui tentent de venir sur le vieux continent. « Finalement il n’y a que peu de réfugiés qui viennent en Europe, compte tenu de ce qui se passe dans leur pays d’origine. L’Union européenne veut endiguer le flot des réfugiés, mais il faudrait qu’elle essaie de rendre aux Africains une partie de ce qui leur revient », a-t-il affirmé.

Poursuivant, le juge de l’affaire Gbagbo a dénoncé la main-mise de l’Europe voire de la France sur ses anciennes colonies, notamment la Côte d’Ivoire, et surtout l’exploitation abusive des ressources des États africains : « Pendant des années, l’Europe a exploité ses colonies et s’est enrichie de ce fait. Comment se fait-il qu’en Côte d’Ivoire, 70% du cacao soit destiné à l’exportation, alors que là-bas les enfants ne peuvent pas se payer une seule tablette de chocolat. »

C’est un véritable pavé que Cuno Tarfusser vient de jeter dans la mare. Ces propos qui ont pourtant l’air anodins pourraient assurément avoir des répercussions dans l’affaire Gbagbo, d’autant plus que ce magistrat est d’ores et déjà favorable à une mise en liberté provisoire de l’ex-président ivoirien.

À noter que le juge italien a pris fonction à la CPI le 23 mars 2009. En dépit de la fin prochaine de son mandat, il conduira le procès Gbagbo jusqu’à son terme conformément à l’article 36 (10) du Statut de Rome qui stipule qu’ « un juge affecté à une Chambre de première instance (…), qui a commencé à connaître devant cette chambre d’une affaire en première instance (…), reste en fonctions jusqu’à la conclusion de cette affaire. »

Mais après ces déclarations du magistrat italien, ne sera-t-il pas taxé par certains détracteurs comme juge et partie à la fois ?

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